Dans le cadre des mobilisations lycéennes, une équipe s’est rendue, le 1 octobre 2026, aux alentours du lycée Paul Eluard à Saint-Denis et Le Corbusier à Aubervilliers.
Dans le centre de Saint-Denis, le cortège a déambulé sans difficulté entre l’Avenue Jean Moulin, la Place du Caquet et du 8 mai 1945.
Les manœuvres policières ne visaient qu’à empêcher le cortège de retourner aux abords du lycée Paul Eluard et de rejoindre le lycée Suger, où se tenait un autre rassemblement. Nous avons constaté plusieurs utilisations de gaz lacrymogènes, notamment au niveau de l’avenue Jean Moulin.
Au lycée Suger, une déambulation a débuté à partir de 12h vers le lycée Le Corbusier, situé à la Courneuve. En tête de cortège, se trouvaient deux voitures de la BAC : dans l’un des véhicules, l’agent conducteur filmait les personnes manifestantes avec un téléphone portable, et provoque le cortège.
A l’arrivée au lycée Le Corbusier, les FDO ont directement réalisé une charge sur les personnes qui venaient d’arriver. Le cortège avançait dans une calme, festive et revendicative, avec plusieurs poubelles en tête. Au cours de la charge, les forces de l’ordre ont repoussé les manifestants à coups de boucliers et de matraques, ainsi que des tirs de gaz lacrymogène. Cela a été fait sans sommations préalables, ce qui est illégal, d’autant plus sur un cortège pacifique.
Au moins une interpellation violente par la BAC a été constatée à ce moment, et de nombreux usages de gaz lacrymogène sur la foule compacte.
Quelque temps plus tard, les agents de la BAC visent d’autres personnes et procèdent à des interpellations violentes d’au moins trois personnes, dont deux lycéens qui sont pris à la gorge et traînés au sol.
Les personnes interpellées sont directement emmenées au commissariat, qui se situe à quelques mètres du lycée.
Alors que la situation se stabilise, le cortège rejoint le lycée d’Alembert. Les CRS n’arrivent que quelques temps plus tard, accompagnés d’une équipe de Frontières qui provoque le cortège à de multiples reprises : alors qu’ils sont pris à parti verbalement par un manifestant, un CRS les protège, et l’équipe repasse derrière la ligne de CRS, avant de se replier avec eux en discutant quelques dizaines de minutes plus tard.
Nous avons par ailleurs croisé au moins deux personnes présentant des blessures à la tête, sans que nous puissions déterminer les circonstances de ces blessures.
En conclusion, la présence de nombreux agents de la BAC, dont un armé de LBD, d’autres de grenades lacrymogène, interroge quant aux choix politiques dans la gestion de mobilisation de personnes mineures : ces unités, connues pour leur pratique violentes, sont incompatibles avec une gestion apaisée de mineurs qui luttent pour leurs droits.
Les interpellations au niveau du lycée Le Corbusier étaient particulièrement violentes, et n’avaient comme seul effet que de provoquer des moments de tension avec les personnes mobilisées, alors que la déambulation – sans présence policière – s’était passée dans une ambiance festive, revendicative et sans encombre.
Plus généralement, les déambulations se déroulaient dans une bonne ambiance, avec un large soutien des passant·es et automobilistes. La gestion du trafic était assurée par les personnes manifestantes, sans encombre (notamment de l’auto-organisation pour le passage d’ambulances).
Les seuls moments de tensions constatés venaient de rencontres avec les unités de forces de l’ordre, et particulièrement celles appartenant à la BAC.
Ces observations questionnent fortement le choix d’un dispositif policier particulièrement offensif et répressif face à une mobilisation composée notamment de mineur·es.
Entrave : Alors que l’équipe s’approche de la zone où sont emmenées des personnes interpellées, des agents motards de la CSI 93 indiquent une interdiction de les filmer.
L’équipe continue, et les agents viennent au contact, isolent une observatrice et indiquent vouloir la contrôler. Une autre observatrice qui s’interpose et est violemment repoussée avec un coup à l’estomac. S’ensuivent diverses tentatives d’intimidation, des menaces et des échanges extrêmement tendus. Finalement, l’observatrice isolée n’est pas contrôlée, et l’équipe peut repartir.
